Naturdis maintient son activité grâce à ses magasins Le Marchand Bio (source : tribuca.net)

de | 14 avril 2020

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Sur la Côte d’Azur, la filière du bio tient bon

[DOSSIER 1/5] Pénalisé par la fermeture des restaurants, le groupement agricole Naturdis maintient à flot son activité grâce à ses magasins de proximité Le Marchand Bio.

C’est du jamais vu pour Naturdis. Depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de commandes de paniers de fruits et légumes a explosé sur internet. “C‘est exponentiel, nous recevons 115 commandes quotidiennes sur le site, ça a plus que doublé. Les gens sont dans une attente de livraison ou de click’n’collect” observe Philippe Federzoni qui dirige avec son frère Bernard cette entreprise familiale créée en 1983, un acteur historique du bio dans les Alpes-Maritimes. A la fois producteur maraîcher (8 hectares à Grasse) et distributeur (restauration, grandes et moyennes surfaces et via ses huit magasins azuréens Le Marchand Bio), Naturdis s’est adaptée au confinement en développant la livraison à domicile. “On essaie de parer au plus urgent, avec une organisation des livraisons. Chaque jour, un secteur. Et une limite de 20 commandes par jour pour faire du bon boulot.”

Si les commandes de particuliers s’envolent, l’entreprise a été très durement impactée par la crise. En tant qu’opérateur national pour le secteur RHD (écoles, crèches…) et local pour la restauration commerciale (de la pizzeria aux tables étoilées), elle a vu ses commandes s’écrouler au rythme des fermetures. “Les activités qui génèrent presque 50% de notre chiffre d’affaires sont totalement à l’arrêt. Nous avons perdu plus d’1M€ de commandes sur les quinze derniers jours de mars, s’alarme Philippe Federzoni. On a essayé de réorienter cette production vers la grande et moyenne surface, en vendant à prix coûtant, et on compense aussi sur les magasins spécialisés et nos propres points de vente.

“Inquiets pour nos salariés”

Toutes les enseignes Le Marchand Bio sont restées ouvertes. Mais l’entreprise a dû se conformer à certaines règles. Régulation des entrées dans le magasin et sas en plexiglas pour protéger la cinquantaine de collaborateurs. “On avait quelques masques et des gants mais nos stocks sont en train de fondre car il n’y a pas ou peu de réapprovisionnement, s’inquiète Philippe Federzoni. En attendant, on se débrouille avec des masques de débroussaillage munis de respirateurs. Même si on a essayé de faire le maximum, nous restons très inquiets pour la santé de nos salariés.” Une majeure partie du personnel basée au siège et dédiée à la production et à la partie commerciale (50 personnes) est quant à elle passée en télétravail ou en chômage partiel.

Sur l’exploitation grassoise, la crise tombe à la fin de la récolte des légumes d’hiver, où les besoins en effectifs sont réduits. “Pas d’urgence pour l’instant.  A cette époque de l’année, nous comptons dix personnes sur l’exploitation. Là, ils ne sont plus que quatre. On rencontre de grosses difficultés à trouver de la main d’œuvre, mais ce n’est pas lié au coronavirus. On a toujours eu cette problématique sur le département“. Les dirigeants ont eu la bonne surprise de recevoir des candidatures spontanées : “on vient d’embaucher deux jeunes qui se sont proposés pour venir travailler sur l’exploitation et ramasser des légumes. Ils commencent cette semaine en CDD. On vient de recevoir tous les légumes ratatouilles et il y a toute une préparation importante de plantation, tutorage, arrosage en vue de l’été.” Si Naturdis a les reins solides (32,2 M€ de chiffre d’affaires l’an passé), ses dirigeants restent dans l’expectative. “Tout le monde se pose des questions et nous avec, confie Philippe Federzoni. Économiquement, il ne faut pas que cette situation dure trop longtemps. La santé doit primer bien-sûr, mais je ne sais pas ce qu’il va advenir de nos entreprises d’ici quelque temps.”

Légende : Les dirigeants de Naturdis, Philippe et Bernard Federzoni accompagnés de leur père et fondateur de la GAEC, Jean Federzoni. C’est lui qui a converti l’exploitation grassoise au bio au début des années 70 (© DR).

Source : tribuca.net

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