“Les signaux sont plutôt au vert pour les acteurs de la bio” – interview de Pierrick De Ronne (Natexbio)

de | 30 avril 2020

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Voici l’intégralité de l’interview de Pierrick De Ronne, président de Natexbio, présentée dans Bio Linéaires n°89, un numéro disponible en accès libre. 

Quels sont les secteurs de la bio les plus éprouvés par cette crise ? Y a-t-il des risques de rupture ? A quel impact peut-on s’attendre à plus long terme pour la filière ? Les représentants des principales organisations professionnelles répondent aux questions de Bio Linéaires.

Episode 1/4 avec Pierrick De Ronne, président de Natexbio

Bio Linéaires : Dans la filière bio, quelles sont les conséquences du confinement ?
Pierrick de Ronne : Nous faisons partie des secteurs qui travaillons et avons peu de remontées d’entreprises en difficulté. Au niveau des transformateurs, il y a des chaînes de production qui ont été ré-orientées ; côté distributeurs, la croissance était encore de 25 % la semaine dernière (Ndlr : deuxième semaine d’avril). C’est la prime à la proximité. Au niveau agricole, la demande est soutenue avec deux grandes problématiques pour les producteurs dont les débouchés relèvent de la restauration collective ou de l’export. Avec un équilibre matières à trouver pour le lait et la viande. C’est un gros point de vigilance pour trouver des solutions à court et moyen terme, au-delà des aides. Il y a aussi une baisse d’activité chez les opérateurs non-alimentaires, comme les cosmétiques mais il n’y a pas de point de rupture.

BL : Quelle est la mission principale de Natexbio durant cette période ?
P. D. R. : L’ambition de Natexbio est de devenir la fédération du monde de la bio et cette crise nous permet d’éprouver notre projet. On a un point régulier avec tous les acteurs de la bio, on réfléchit au monde d’après, comment le monde de la bio se positionne par rapport à ce qu’il a vécu, la résilience qui est une question essentielle en cas de crise, mettre en avant la coopération. Aujourd’hui, on parle de relocalisation, de circuit court alimentaire, le monde de la bio est basé sur ces dogmes. En période de crise, on se rend compte que la solidarité est la seule réponse, on a besoin de se serrer les coudes et de travailler ensemble. Je pense que c’est inné dans le monde de la bio, ça a donc été naturel.

BL : On constate que les produits bio profitent de cette crise, pensez-vous que ce contexte va entraîner de nouveaux modes de consommation ?
P. D. R. : La bio est une consommation refuge, elle coche pas mal de cases des préoccupations actuelles. Les signaux sont plutôt au vert  pour les acteurs de la bio qui proposent des produits vertueux pour la santé, l’environnement, les producteurs… La question, c’est l’ampleur de la crise économique et l’impact sur le pouvoir d’achat. Mais j’ai l’audace de penser que l’alimentation sera, à l’avenir, au centre des préoccupations des consommateurs. On voit aussi que les consommateurs vont vers le e-commerce, il va falloir s’adapter.

BL : Bio Linéaires et Ecozept, avec le soutien de Natexbio, ont lancé une enquête auprès des magasins bio, quelles sont vos attentes par rapport à cette enquête ?
P. D. R. : L’idéal serait de percevoir ce qui relève de la crise et de l’ancrage pour détacher des changements de consommation qui se graveront dans le marbre.

A propos de Natexbio
La fédération des transformateurs et distributeurs bio regroupe les trois syndicats professionnels suivants : Synabio, Synadiet et Synadis Bio. Natexbio entretient aussi des liens privilégiés avec Cosmebio (association française de la cosmétique bio), France Vin Bio (association nationale interprofessionnelle des vins bio), la Fnab (fédération nationale d’agriculture biologique) et Forébio (fédération des organisations économiques des agrobiologistes de France).

Prochain rdv : interview de Philippe Laratte, vice-président et trésorier du Synadiet.

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