Le marché bio flirte avec les 12 milliards d’euros

de | 10 juillet 2020

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L’Agence Bio a présenté ce jeudi 9 juillet les chiffres de la bio. En 2019, le marché atteint 11,93 milliards d’euros (11,3 milliards d’euros pour les achats de produits bio et 640 millions d’euros pour la RHD*). En production, 8,5 % de la surface agricole est désormais en bio. Attention, cette année, l’évaluation de la consommation alimentaire des ménages a fait l’objet d’une révision par l’Agence Bio des chiffres depuis 2010 (voir encadré).

6 % des achats alimentaires sont bio

« La consommation tire la production et provoque la structuration des filières, on a tout une bio qui s’organise au niveau de la production, de la transformation et de la distribution », annonce Philippe Henry, président de l’Agence Bio. La consommation des ménages a en effet plus que doublé en cinq ans avec une croissance de plus d’1,3 milliard d’euros chaque année depuis 2016. L’achat de produits biologiques représente 6,1 % des achats alimentaires des ménages. La consommation moyenne de produits bio s’élève désormais à 178 euros par an et par habitant. Ce montant fait du consommateur français le plus important de la communauté européenne devant l’Allemagne, où la consommation moyenne de produits bio par an et par habitant atteint 144 euros (mais le marché total – hors RHD – reste supérieur en Allemagne avec 11,97 milliards d’euros en 2019). 

L’épicerie : 29 % des achats bio

Les ventes de produits frais (fruits et légumes frais, crèmerie, viandes, mer, traiteur, surgelés et boulangerie fraîche) représentent plus de la moitié (57 %) du marché bio de détail. La famille de l’épicerie (sucrée et salée) concentre 29 % de la valeur des achats bio, c’est +16 % par rapport à 2018. Côté sucré, l’univers des boissons chaudes et du petit-déjeuner est en pleine expansion. Côté salé, les céréales d’accompagnement sont en léger repli.

Derrière l’épicerie, les rayons fruits et légumes et crèmerie trustent respectivement 17 et 16 % du marché bio. Les produits qui connaissent les plus fortes progressions (supérieur à +15 %) sont principalement des produits transformés :
+ 31 % pour les produits surgelés (dynamisme marqué pour les glaces / sorbets, pizzas et légumes),
+ 24 % pour la bière,
+ 20 % pour les œufs, ils restent le produit le plus consommé en bio (30 % des œufs consommés en France sont bio)
+ 18 % pour les produits laitiers (hors lait liquide)
+ 16 % pour les jus de fruits et boissons sans alcool, essentiellement en grande distribution, avec une croissance remarquable des eaux aromatisées et des sodas.
« Aujourd’hui, dans toutes les gammes, vous avez une déclinaison bio et c’est cet élargissement de la gamme bio qui fait aussi que le marché croît fortement », souligne Philippe Henry. 

Un peu plus du quart des parts de marché pour les magasins bio

Côté distribution, les magasins spécialisé bio représentent 28,3 % des achats de produits bio, c’est 6 points de moins qu’en 2018. Malgré tout la croissance du chiffre d’affaires des magasins bio se poursuit avec + 7 % pour atteindre près de 3,2 milliards d’euros. Les indépendants marquent un recul de leur chiffre. 

55 % des achats de produits bio en GMS 

La GMS enregistre plus de la moitié (55 %) des achats de produits bio. Un développement record qui résulte du développement des linéaires consacrés au bio en grandes surfaces tant du côté des marques que des MDD. Si entre 2016 et 2019, le chiffre d’affaires des produits bio a progressé de +75 % dans ce circuit, le taux d’évolution s’atténue entre 2018 et 2019 pour se placer à +18 % avec une évolution en valeur équivalente à celle entre 2017 et 2018.
Les artisans/commerçants et la vente directe connaissent une progression de +11 % et +8 % respectivement. Leurs parts de marché n’ont pas évolué depuis 2018 et s’établissent respectivement à 6 % et 11 %.

8,5 % de la surface agricole en bio

Du côté des chiffres de la production, présentés par Gérard Michaut, président de la commission de l’Observatoire national de l’agriculture bio, la croissance se poursuit avec 8,5 % de la surface agricole utilisée (2,3 millions d’hectares). 

En 2019, 70 322 opérateurs étaient engagés dans une certification bio de leur activité. Le nombre de fermes, d’entreprises de préparation, transformation ou distribution certifiées a progressé de 8 554 opérateurs depuis 2018. Parmi ces opérateurs, on compte 47 196 producteurs (5 573 fermes de plus qu’en 2018), 19 311 préparateurs/transformateurs et 8 813 distributeurs. 662 sont également certifiés pour l’importation (+21 %).

Lors de cette conférence de presse, Christian Weinsberg de Biocoop a présenté, entre autres, la démarche Biocoop, son implication auprès des filières locales et pour le commerce équitable ainsi que son réseau de magasins. Francisco Moya, négociant, conditionneur et exportateur de pomme de terre et Claire Genova, productrice en Eure-et-Loire, ont présenté la filière pomme de terre bio, dont la récolte pour 2019-2020 est estimée à 52 500 tonnes, soit une évolution moyenne de 20 % sur cinq ans. Enfin, Fabien Chenel, directecteur de la Fête de la Nature a présenté, en conclusion l’édition 2020.

Tous les détails des chiffres seront publiés dans Bio Linéaires n°91 (septembre-octobre 2020).

* 389 millions d’euros en restauration collective et 251 millions d’euros en restauration commerciale, soit une progression respective de +21,3 % et +9,5 % par rapport à 2018.

Des chiffres révisés

Attention, cette année, l’évaluation de la consommation alimentaire des ménages a fait l’objet d’une révision par l’Agence Bio des chiffres depuis 2010. Le chiffre d’affaires annoncé pour 2018 était ainsi de 9,1 milliards d’euros avec la réactualisation, il est désormais de 9,9 milliards d’euros.
• Au-delà d’une vaste enquête auprès de l’ensemble des entreprises et des producteurs du secteur, l’évaluation du marché par l’Agence BIO se base sur le panel de distributeurs de la grande distribution généraliste, IRI InfoScan Census, qui concerne à la fois les produits de grande consommation et le frais en libre-service à poids fixe. Ce panel montrait, de façon de plus en plus manifeste, que l’Agence BIO sous-estimait les ventes des produits d’épicerie et des boissons dans ce circuit.
• Les enquêtes menées par l’Agence BIO, affinées chaque année, ont permis de mieux analyser les ventes de vin dans le circuit spécialisé bio et les ventes de pain biologique avec un approfondissement en 2018 sur les boulangeries.
Cette révision corrige l’estimation du marché dans son ensemble ainsi que la répartition entre les circuits de distribution et entre les familles de produits. Les taux d’importation sont, eux aussi, légèrement relevés.

Une réflexion au sujet de « Le marché bio flirte avec les 12 milliards d’euros »

  1. Lebrat Mickael

    Est ce que la vente au travers de site internet marchand est inclus dans la vente directe?

    Répondre

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