“Le bio continue de croître même dans les périodes de crises sévères” – interview d’Allon Zeitoun (Synadis Bio)

de | 25 mai 2020

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Quels sont les secteurs de la bio les plus éprouvés par cette crise ? Y a-t-il des risques de rupture ? A quel impact peut-on s’attendre à plus long terme pour la filière ? Les représentants des principales organisations professionnelles répondent aux questions de Bio Linéaires.

Episode 4/4 avec Allon Zeitoun, vice-président de Synadis Bio

Interview réalisée durant le confinement pour Bio Linéaires n°89 (en accès libre en version digitale ICI). 

Bio Linéaires : Quel impact la crise du coronavirus a-t-il sur les magasins bio ?
Allon Zeitoun : Tout d’abord, il a fallu pour chaque enseigne, travailler sur la protection de nos collaborateurs et de nos clients. Chacun a donc mis en place les mesures qui lui semblaient nécessaires, typiquement : mise en place des gestes barrières et d’un processus de nettoyage régulier ; mise à disposition d’équipements de protection individuelle ; installation de plexiglass en caisse dans un grand nombre de magasins, limitation du flux en magasin et marquages au sol près des caisses pour instaurer une distance de sécurité. Ensuite, la crise du Coronavirus a créé une forte croissance de la demande bio. Les jours qui ont précédé le confinement la consommation des Français a explosé, la fréquentation de nos enseignes a en conséquence triplé durant ces quelques jours (du 12 au 16 mars). Depuis, la consommation se maintient à des niveaux très élevés pour le marché du bio, de l’ordre de 15-20 % au-dessus de la consommation que nous observions durant les premiers mois de l’année.  Dès lors, il s’agit pour chaque enseigne de s’organiser entre : cette demande très forte et l’absentéisme inhérent à la situation actuelle ; et notamment du personnel en arrêt de travail dérogatoire pour garde d’enfants.

BL : Les distributeurs bio font partie de ceux qui doivent assurer la continuité de leur activité, avec un rôle primordial : nourrir les Français. Quels ont été les principaux défis à relever ?
A. Z. : Le premier challenge a été d’adapter rapidement les points de ventes pour protéger les collaborateurs et les clients, comme évoqué précédemment. Par la suite, il y a plusieurs défis qui ont certes concerné l’ensemble de la distribution, mais où les spécialistes de la Bio ont réussi, malgré leur modèle plus « PME », à être au rendez-vous pour :
– maintenir les approvisionnements réguliers afin d’éviter les grosses pénuries et savoir réadapter rapidement l’offre en conséquence ;
– maintenir le maillage territorial, la majorité a su réadapter ses horaires, l’organisation de ses équipes pour permettre aux Français de faire leurs courses quotidiennement ;
– épauler nos partenaires en amont : s’adapter avec les nouvelles contraintes, les accompagner face à leurs problématiques de production et soutenir les producteurs qui pourraient se trouver en difficulté.

BL : Quelle a été la mission principale du Synadis Bio durant cette période ?
A. Z. : Le Synadis Bio a eu comme mission principale de coordonner l’information remontant des distributeurs pour donner une information claire et agrégée aux producteurs et transformateurs sur les ventes en magasin. Cela a permis à ces derniers de mieux prévoir les approvisionnements et donc d’éviter les ruptures. Par ailleurs, nous avons pu échanger sur les mesures de protection des collaborateurs et clients, et ainsi permettre aux indépendants d’avoir accès à des informations ou des sourcings d’équipements de protection individuelle auxquels ils n’avaient pas accès.
L’essentiel pour la distribution spécialisée aujourd’hui est de réfléchir à la façon d’intégrer de façon pérenne dans nos processus les mesures d’hygiène qui sont désormais indispensables en magasin et que nous avons adopté en urgence au début de la crise du Covid-19. Chez Naturalia par exemple, il est probable que nous imposions prochainement à nos clients d’utiliser du gel hydro-alcoolique à l’entrée de nos magasins et que nous renforcions les dispositifs de protection des collaborateurs en caisse. Nous devons par ailleurs nous pencher sur les procédures de nettoyage des magasins pour les rendre plus performantes. La question se pose aussi de savoir comment nous allons relancer des catégories importantes comme le vrac ou le pain, qui sont aujourd’hui en perte de vitesse. Et constat faisant, le bio continue de croître même dans les périodes de crises sévères. Au sein du Synadis Bio, il nous paraît important de sécuriser l’amont, notamment en renforçant la production et la transformation bio française.

BL : Vous êtes également à la tête de magasins bio, quelles ont été les conséquences directes de cette crise dans vos magasins ?
A.
Z. : Comme pour tous les dirigeants de magasins alimentaires, mon premier souci et ma première responsabilité ont été de mettre en place les bonnes mesures de protection à destination de nos collaborateurs et de nos clients, tel que déjà évoqué. De par nos formats de proximité, l’augmentation de la demande est très importante chez Naturalia, davantage que pour le marché bio dans son ensemble. Il s’agit donc de réussir à trouver les approvisionnements demandés par nos clients, et d’avoir les équipes en magasins pour gérer le flux clients. Je tiens à remercier tous nos partenaires fournisseurs qui ont été admirables et qui ont répondu présent, alors qu’ils avaient eux-mêmes leurs problématiques à gérer. Ainsi que nos collaborateurs, qui sont restés présents en première ligne. Par ailleurs, les commandes en ligne ont également explosé sur naturalia.fr et nos services de click & collect battent des records depuis le début du confinement.

A propos de Synadis Bio
Le syndicat national des distributeurs spécialisés de produits biologiques et diététiques défend les intérêts des magasins spécialisés certifiés (près de 2 600 en France) ; il compte près de 1 300 adhérents (enseignes nationales, indépendants, groupements). 

Interviews précédentes :

Didier Perréol, président du Synabio

Philippe Laratte, vice-président et trésorier du Synadiet

Pierrick De Ronne, président de Natexbio

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