Déconfinement, qu’en est-il de la Bio chez nos voisins européens ? Les réponses de notre expert

de | 14 mai 2020

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Jean-Marc Denan, alias Super FaBio notre super-héros de la bio à l’export, livre son expertise sur les effets du Covid-19 sur la distribution bio européenne. 

Tous les chiffres convergent, à ce jour la pandémie due au SARS-CoV-2 a positivement impacté la consommation mondiale d’aliments biologiques. La planète Bio se porterait donc plutôt bien, une réalité commune à tous les pays.

Depuis la «  crise de la vache folle » dans les années 90, chaque accident sanitaire majeur a entraîné une hausse sensible de la consommation biologique. À ce stade, il semble que Covid-19 ne fasse pas exception à cette règle. En mars, l’explosion de la consommation résultait d’un double phénomène : la peur de manquer et la fermeture des structures de restauration collective. En cela le comportement des consommateurs bio n’était pas spécifique. Qu’en est-il à l’heure du déconfinement ?

Exemple de l’Europe du Sud : des situations très contrastées
Un responsable achat du principal distributeur italien, le groupe Ecor-NaturaSi, rapporte une croissance globale de 22 % en mars, de 25 % en avril ! C’est la résultante d’une augmentation du panier moyen et, très étonnamment en ces temps de confinement, d’une fréquentation accrue des magasins. Au contraire du Portugal où, après la ruée de mars, le propriétaire de la principale chaîne spécialisée – Celeiro, 45 PDV – confiait que son chiffre d’affaires (CA) était atone en avril. Le boom sur les articles de première nécessité ne compensait pas la forte baisse sur des biens de conforts ou de plaisir et surtout pas l’importante chute de fréquentation. Pour cette raison même, ses ventes on-line maintiennent une croissance exponentielle ininterrompue depuis le mois de mars. A l’heure où sont écrites ces lignes, le Portugal est déconfiné depuis plus d’une semaine, et cependant les consommateurs n’ont toujours pas retrouvé le chemin des surfaces de vente. Ce même opérateur indique que ses confrères espagnols lui rapportent le même phénomène. Comme lui, ils augurent une prochaine contraction des ventes qu’ils attribuent à une anesthésie consumériste alimentée par une baisse conjuguée de moral et de pouvoir d’achat.

Que nous réserve le futur ?
Les distributeurs vont devoir s’adapter à des règles sanitaires génératrices de lourdes entraves à l’exploitation des surfaces de vente et absorber des charges d’exploitation supplémentaires. Par ailleurs, l’incertitude sur l’avenir et la baisse de pouvoir d’achat inévitable ne pourront être sans effet sur les comportements. Un contexte qui pèsera sur la consommation en général. Épargnera-t-il la Bio ? Les individus ont-ils franchi un cap, réveillé une conscience durant cette phase de confinement ? Après une embellie passagère, un futur plus que jamais porteur d’incertitudes. C’est le moment ou jamais pour nous acteurs de la Bio de communiquer très fortement sur nos valeurs et notre force de proposition en matière de transition écologique et sanitaire.

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