Aventure Bio lance un outil de click & collect pour les magasins bio

de | 24 mars 2020

Dans le contexte de pandémie due au covid-19, la SCOP Aventure bio (Simon Le Fur, Emmanuel Landron, Mélanie Rochard-Ibled, Damien Le Thiec, Justine Nys) lance un outil de clic & collect à destination des magasins bio. Simon Le Fur en dévoile les détails à Bio Linéaires. 

Simon Le Fur

Bio Linéaires : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’état d’esprit de cette initiative ?

Simon Le Fur : Le point de départ, c’est d’avoir lu énormément sur ce coronavirus extraordinairement contagieux et d’avoir essayé d’anticiper ses impacts sur nos activités. J’ai fini par comprendre, il y a 10 jours, que nous allions être frappés dans des proportions comparables à l’Italie, que le confinement était inévitable et que les magasins alimentaires allaient devoir élargir leur palette de services pour faire face aux demandes clients en toute sécurité. 

Le click and collect nous a semblé une option pertinente et réalisable dans un temps réduit.

Dès le lancement d’Aventure Bio, nous avons voulu créer une entreprise résiliente. Maintenant que nous sommes face à une crise, il s’agit de se mettre rapidement en mouvement pour aider à notre petit niveau le réseau bio à s’adapter à cette nouvelle donne qui se met en place pour longtemps à mon avis.

BL : Quelle nouvelle donne ? Qu’est-ce qui va changer pour le réseau bio ?

S. L. F. : Sur le court terme, il s’agit de faire face à la crise très concrètement. Comment éviter au maximum aux équipes d’être au contact des clients en magasin ? Comment éviter aux gérants de devoir fermer boutique s’ils tombent malade ? Comment recruter de nouvelles personnes en leur proposant un environnement de travail sécurisé ? Comment offrir aux clients malades ou fragiles un système de courses bio “sans contact” ?

Sur le moyen terme (jusqu’à début 2021), on risque d’être en attente d’un vaccin et de vivre en permanence sous la menace d’une résurgence des contaminations. Cela signifie à mon avis, que nous allons garder ces gestes barrière pour longtemps et qu’une part croissante des Français évitera quand c’est possible d’aller se masser en magasin et préfèreront les livraisons ou le click and collect.

BL : Quelles solutions proposez-vous ?

S. L. F. : Nous proposons dans l’urgence, des sites e-commerce qui permettent aux magasins de :

– vendre en ligne des paniers ou directement une partie de leurs produits (entre 500 et 3000)

– avec possibilité d’encaisser les paiements CB ou de faire payer les gens en magasin

– avec possibilité pour ceux qui le souhaitent de “fermer” le magasin et de prendre uniquement les commandes sur le site, par e-mail ou “au guichet” devant le magasin.

Ces sites peuvent être prêts en quelques heures. Ils mériteront, bien sûr, un travail de finalisation quand la crise sera passée. Shopify, la plateforme utilisée, permet de faire des sites qui font jusqu’à 20 ou 30m€ de chiffre d’affaires annuel, elle est conçue pour être évolutive, c’est pour cela qu’avoir un premier site rudimentaire est déjà un pas intéressant vers le développement d’un canal click and collect à moyen terme.

BL : Qu’attendez-vous de la part des magasins ? De quoi avez-vous besoins comme informations ?

S. L. F. : Trois fois rien : quelques photos, du bon sens commerçant et une petite expérience des interfaces de back-office et interfaces d’administration suffisent.

Dans un deuxième temps, nous nous tenons à disposition des groupements ou réseaux qui souhaiteraient mettre en place un click and collect robuste mais agile.

A moyen terme, il nous apparaît intéressant de travailler sur une base produits bio standardisée et mutualisée entre les magasins bio spécialisés.

BL : Quel est le coût de cette solution ?

S. L. F. : C’est bénévole pour les premiers magasins, c’est notre façon d’être présents auprès des équipes des magasins bio et vrac qui assurent avec courage une belle mission de service public !

Selon les cas il peut y avoir des petits coûts Shopify de l’ordre de 30 € par mois ou des coûts informatiques, que nous nous partageons en bonne intelligence avec nos magasins partenaires. En terme de chiffre, un des magasins fait déjà 40 % de son chiffre d’affaires habituel sur le site click and collect.

Un site e-commerce classique coûte entre 4 000 et 15 000 € selon le niveau de détail, le nombre de produits et la largeur de services proposés. En mutualisant les coûts entre plusieurs magasins et en assumant des choix de simplification volontaire sur l’offre, on peut réduire ce coût entre 350 € et 800 €.

Exemples de click & collect (cliquer sur l’image)

L’épicerie Rive Bio – Albigny |Annecy

 

Biomonde Boëge

 

Sème Arès

 

BL : Quelle est votre vision sur le long terme ?

S. L. F. : Sur le long terme, on peut déjà imaginer une crise économique et financière de grande ampleur (notamment si les Etats-Unis sont durement touchés). Cela signifierait une contraction du pouvoir d’achat qui peut être amortie (pour le réseau alimentaire bio) par une réallocation des dépenses devenues impossibles (vacances, avion, restaurants) vers des produits alimentaires locaux de qualité.

Devant tant d’incertitudes, les magasins et les fournisseurs doivent imaginer un maximum de scénarios et évaluer la résilience de leur entreprise dans chacun d’eux. Il me semble important de diversifier les activités et les revenus. Les magasins bio peuvent être tant de chose : magasin de produits de base, traiteur, site e-commerce de livraison alimentaire, boulangerie, tiers-lieux. Il nous reste peu de temps, mettons donc le confinement à profit pour plancher sur les sujets de diversification et de résilience !

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